📄 Résumé
- Le fonctionnement de la TVA pour les entreprises repose sur un mécanisme simple : l’entreprise facture la TVA à ses clients, déduit celle payée sur ses achats éligibles, puis reverse la différence.
- La franchise en base de TVA permet de ne pas facturer la taxe → implication concrète : vous ne récupérez pas non plus la TVA sur vos dépenses professionnelles.
- Le régime applicable dépend du chiffre d’affaires, de l’activité exercée et, dans certains cas, du montant annuel de TVA due → implication concrète : le bon choix ne se fait pas seulement à partir d’un seuil.
- La date d’exigibilité n’est pas la même pour une vente de biens et une prestation de services → implication concrète : le suivi de trésorerie doit être adapté à votre activité.
- Le bon régime de TVA influence votre marge, votre gestion et votre trésorerie → conclusion actionnable : il faut l’arbitrer avant que la croissance ne vous l’impose.
La TVA fonctionne comme un mécanisme de collecte pour le compte de l’État : l’entreprise facture la TVA à ses clients, déduit la TVA payée sur ses achats professionnels lorsqu’elle y a droit, puis reverse la différence à l’administration fiscale. En 2026, une entreprise peut rester en franchise en base si son chiffre d’affaires reste inférieur à 85 000 € pour les ventes de biens ou 37 500 € pour les prestations de services, à condition aussi que la TVA due reste inférieure à 15 000 €.
Comprendre comment fonctionne la TVA pour les entreprises est indispensable dès la création ou dès que l’activité commence à se structurer. La vraie question n’est pas seulement de savoir s’il faut facturer la TVA. Il faut aussi comprendre quand elle devient exigible, dans quels cas elle est récupérable et quel régime s’applique selon votre chiffre d’affaires. En pratique, une mauvaise lecture de la TVA peut dégrader votre trésorerie, fausser vos prix ou créer des erreurs de déclaration. Cet article vous aide à comprendre le mécanisme, à distinguer franchise en base, réel simplifié et réel normal, puis à savoir quoi faire selon votre situation.
Comment fonctionne la TVA pour les entreprises au quotidien ?
Pour comprendre comment fonctionne la TVA pour les entreprises, il faut partir d’un principe simple : la TVA est un impôt sur la consommation. En pratique, c’est le client final qui supporte la taxe, tandis que l’entreprise la facture, la collecte puis la reverse à l’administration fiscale selon son régime.
La TVA est payée par le client final, mais collectée par l’entreprise
Quand votre entreprise vend un bien ou une prestation soumise à la TVA, elle ajoute cette taxe à son prix hors taxe. Le montant encaissé pour le compte de l’État ne constitue donc pas un chiffre d’affaires disponible au même titre que le hors taxe. C’est un point de gestion essentiel, car une entreprise qui confond TVA encaissée et trésorerie réellement acquise se met rapidement en difficulté.
Exemple simple : si vous facturez 1 000 € HT avec un taux de 20 %, votre client paie 1 200 € TTC. Sur cette somme, 200 € correspondent à la TVA collectée. Votre entreprise conserve le hors taxe comme produit d’exploitation, mais doit ensuite traiter la TVA selon les règles déclaratives applicables. Cette logique explique pourquoi la TVA est dite neutre en principe pour l’entreprise assujettie.
La différence entre TVA collectée et TVA déductible
La TVA collectée correspond à la TVA facturée à vos clients sur vos ventes. La TVA déductible correspond à la TVA payée sur vos achats professionnels, à condition que ces dépenses ouvrent droit à déduction et qu’elles soient justifiées, notamment par une facture. Le montant à reverser se calcule donc ainsi : TVA collectée moins TVA déductible.
Ce mécanisme a une conséquence très concrète. Si votre entreprise achète peu, la TVA payée à vos fournisseurs sera limitée, et le montant à reverser restera souvent élevé. À l’inverse, si vous investissez beaucoup ou supportez des charges importantes avec TVA récupérable, la TVA due peut baisser fortement. C’est pour cette raison que le choix du régime de TVA doit toujours être lu avec votre structure de coûts, pas seulement avec votre chiffre d’affaires.
Dans quels cas l’entreprise reverse de la TVA ou obtient un crédit de TVA
Si la TVA collectée sur vos ventes est supérieure à la TVA déductible sur vos achats, vous reversez la différence à l’administration fiscale. Si c’est l’inverse, vous obtenez un crédit de TVA. Ce crédit peut, selon les cas, être imputé sur de prochaines déclarations, utilisé pour payer certains impôts ou faire l’objet d’une demande de remboursement.
Ce point est particulièrement important pour les entreprises qui démarrent, investissent ou achètent beaucoup de matériel et de prestations avant de générer un volume de ventes régulier. Dans ce type de situation, la TVA n’est pas seulement une obligation déclarative : elle devient un sujet direct de trésorerie.
- Si votre entreprise est assujettie, elle collecte la TVA sur ses ventes.
- Elle peut déduire la TVA payée sur ses achats professionnels sous conditions.
- Elle reverse ensuite la différence entre TVA collectée et TVA déductible.
- Si la TVA déductible dépasse la TVA collectée, un crédit de TVA peut apparaître.
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Quels régimes de TVA peuvent s’appliquer à votre entreprise ?
Pour comprendre comment fonctionne la TVA pour les entreprises, il faut ensuite identifier le bon régime. En pratique, trois situations dominent : la franchise en base, le régime réel simplifié et le régime réel normal. Le bon choix ne dépend pas seulement du chiffre d’affaires. Il dépend aussi de la TVA due, du rythme déclaratif acceptable et du poids de vos achats professionnels.
Selon l’administration fiscale, le régime applicable dépend notamment du chiffre d’affaires et du niveau de TVA dû (source officielle).
La franchise en base de TVA : simple, mais sans récupération sur les achats
La franchise en base de TVA est le régime le plus léger à gérer. L’entreprise ne facture pas la TVA à ses clients, ne dépose pas de déclaration de TVA et ne reverse pas de taxe à l’administration. En contrepartie, elle ne récupère pas non plus la TVA payée sur ses achats professionnels. Elle doit faire figurer sur ses factures la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
En 2026, ce régime reste accessible si le chiffre d’affaires reste inférieur à 85 000 € pour les ventes de biens et l’hébergement, ou à 37 500 € pour les prestations de services, avec un montant annuel de TVA due inférieur à 15 000 €. Le projet de seuil unique à 25 000 € issu de la loi de finances pour 2025 a été abandonné.
Ce régime est souvent adapté quand vous vendez surtout à des particuliers, que vos charges avec TVA récupérable restent limitées et que vous cherchez d’abord de la simplicité. En revanche, si vous investissez beaucoup ou travaillez avec des clients professionnels habitués à raisonner en hors taxe, la franchise peut devenir moins intéressante. Lorsque la franchise en base devient moins intéressante en raison des achats ou des investissements, préparer une lettre d’option pour le régime de TVA permet d’anticiper le changement dans un cadre formalisé.
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Le régime réel simplifié : pour les entreprises qui déclarent avec acomptes et régularisation
Le régime réel simplifié s’adresse aux entreprises qui ne relèvent plus de la franchise en base, mais dont le niveau d’activité et de TVA due permet encore une gestion allégée. En 2026, il s’applique notamment lorsque le chiffre d’affaires HT de l’année N-1 est compris entre 85 000 € et 945 000 € pour le commerce, la restauration et l’hébergement, ou entre 37 500 € et 286 000 € pour les prestations de services, sous réserve que la TVA due au titre de l’année précédente reste inférieure à 15 000 €.
Concrètement, l’entreprise dépose en principe une déclaration annuelle CA12, puis verse des acomptes en cours d’année. Si l’exercice est clôturé au 31 décembre, les acomptes sont en principe de 55 % en juillet et 40 % en décembre, avant régularisation au moment du dépôt de la déclaration.
Ce régime convient souvent à une entreprise qui commence à facturer la TVA de manière régulière, sans avoir encore besoin d’un suivi mensuel complet. Il réduit la fréquence des formalités, mais il demande d’anticiper sa trésorerie pour éviter un rattrapage important au moment de la régularisation.
Le régime réel normal : pour les entreprises avec déclarations mensuelles ou trimestrielles
Le régime réel normal de TVA concerne les entreprises dont l’activité dépasse certains seuils, ou celles qui basculent hors du réel simplifié. En 2026, il s’applique au-delà de 945 000 € de chiffre d’affaires pour les ventes de biens et l’hébergement, et au-delà de 286 000 € pour les prestations de services.
Dans ce régime, l’entreprise déclare la TVA tous les mois via une CA3. Lorsque le montant annuel de TVA exigible reste inférieur à 4 000 €, la déclaration et le paiement peuvent être trimestriels. Ce cadre donne une vision plus régulière de la TVA due, mais il augmente aussi la charge de pilotage et la discipline administrative attendue.
| Régime | Seuils 2026 | TVA facturée aux clients | TVA récupérable sur les achats | Déclarations |
|---|---|---|---|---|
| Franchise en base | Jusqu’à 85 000 € en ventes de biens / 37 500 € en services, avec TVA due inférieure à 15 000 € | Non | Non | Aucune déclaration de TVA en principe |
| Réel simplifié | De 85 000 € à 945 000 € en ventes de biens / de 37 500 € à 286 000 € en services, avec TVA due inférieure à 15 000 € | Oui | Oui | CA12 annuelle + acomptes |
| Réel normal | Au-delà de 945 000 € en ventes de biens / 286 000 € en services | Oui | Oui | CA3 mensuelle ou trimestrielle selon le montant de TVA exigible |
💡 Bon à savoir
- Franchise en base ne veut pas dire absence totale d’enjeu TVA
→ une entreprise en franchise ne facture pas la TVA à ses clients et ne dépose pas de déclaration de TVA en principe
→ impact : elle ne peut pas non plus déduire la TVA payée sur ses achats professionnels - Le régime micro et le régime de TVA ne se confondent pas toujours
→ les seuils de franchise en base sont décorrélés de ceux du régime des micro-entreprises
→ impact : il faut vérifier le régime applicable avant de facturer
Cas concret
→ Profil
Une entreprise de services réalise 32 000 € HT de chiffre d’affaires annuel et supporte 8 400 € TTC de dépenses professionnelles sur l’année.
→ Problème
Elle peut rester en franchise en base de TVA, car une entreprise de prestations de services peut en bénéficier en 2026 si son chiffre d’affaires reste inférieur à 37 500 €, sous réserve aussi que la TVA due reste sous 15 000 €. Mais elle hésite, car ce régime l’empêche de récupérer la TVA sur ses achats.
→ Action
Elle compare deux options : conserver la simplicité de la franchise en base, ou opter pour la TVA afin de déduire la taxe payée sur ses dépenses professionnelles et mieux absorber ses coûts.
→ Résultat
Elle constate qu’un choix de régime ne se juge pas seulement sur un seuil. Si ses achats restent limités, la franchise peut rester cohérente. Si ses investissements augmentent ou si son activité se développe rapidement, l’option pour la TVA peut devenir plus pertinente pour protéger sa marge et sa trésorerie.
Quand faut-il déclarer et payer la TVA selon votre activité ?
Comprendre comment fonctionne la TVA pour les entreprises ne suffit pas si vous ne savez pas à quel moment elle devient due. En pratique, beaucoup d’erreurs ne viennent pas du taux appliqué, mais du mauvais timing de déclaration ou de paiement. C’est ce point qui crée le plus souvent des décalages de trésorerie, surtout quand l’activité accélère ou que les encaissements sont irréguliers.
La TVA sur les ventes de biens : principe de l’exigibilité à la livraison
Pour une vente de biens, la TVA devient en principe exigible au moment de la livraison. Cela signifie que l’administration considère la taxe comme due à partir du moment où l’opération est réalisée, même si le règlement client intervient plus tard. Pour une entreprise qui vend des marchandises ou des produits, ce point est structurant : la TVA ne suit pas toujours le rythme réel des encaissements.
L’impact concret est simple. Si vous livrez vite mais que vos clients paient à 30 ou 60 jours, vous pouvez devoir déclarer et reverser la TVA avant d’avoir encaissé l’intégralité du prix. Vous devez donc piloter votre trésorerie avec cette contrainte en tête.
La TVA sur les prestations de services : principe de l’exigibilité à l’encaissement
Pour les prestations de services, la logique est différente. La TVA devient en principe exigible lors de l’encaissement du prix ou des acomptes. Pour un consultant, un cabinet, une agence ou une activité de service, cela change directement la manière de suivre la TVA mois par mois.
L’interprétation à retenir est claire : si votre activité repose sur des paiements échelonnés ou des retards d’encaissement, la TVA suit en principe l’argent réellement encaissé. L’impact concret est souvent plus favorable en trésorerie que pour une activité de vente de biens, mais il suppose un suivi rigoureux des règlements.
Les déclarations CA12 et CA3 : à quel moment les utiliser
Le rythme de déclaration dépend du régime de TVA de votre entreprise. En régime réel simplifié, l’entreprise dépose en principe une déclaration annuelle CA12, avec des acomptes au cours de l’année. Si l’exercice coïncide avec l’année civile, la déclaration annuelle doit être déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, et les acomptes sont en principe versés en juillet puis en décembre.
En régime réel normal, l’entreprise dépose une déclaration CA3 tous les mois. Lorsque le montant annuel de TVA exigible reste inférieur à 4 000 €, cette déclaration peut être trimestrielle. Autrement dit, plus votre activité devient importante ou structurée, plus le suivi de TVA devient rapproché. Pour aller plus loin sur les échéances, les formulaires et les points de vigilance, il est utile de consulter notre guide sur la déclaration de TVA de l’entreprise.
Les modalités de déclaration et de paiement de la TVA sont précisées par le site officiel Service Public (voir la source).
Les erreurs de trésorerie à éviter quand votre activité accélère
La première erreur consiste à considérer la TVA comme une marge disponible. Ce n’est pas le cas : la TVA encaissée doit être isolée mentalement et financièrement, car elle sera reversée plus tard. La deuxième erreur consiste à choisir un régime pour sa simplicité sans mesurer l’effet sur les acomptes, la régularisation annuelle ou le suivi mensuel. Lorsque l’activité accélère, anticiper la gestion de TVA en fin d’année permet d’éviter des régularisations tardives et des tensions de trésorerie mal absorbées. La troisième erreur consiste à attendre le dépassement d’un seuil pour se poser la question. En réalité, l’arbitrage doit être anticipé avant que la croissance ne rende le changement subi.
Un dirigeant a donc intérêt à suivre trois indicateurs simples : le rythme réel des encaissements, le montant de TVA à reverser et l’évolution du chiffre d’affaires par rapport aux seuils. Cette discipline permet d’éviter une TVA mal anticipée, qui devient souvent un problème de trésorerie avant de devenir un problème fiscal.
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💡 Bon à savoir
- Une erreur de timing peut coûter plus qu’une erreur de calcul
→ la TVA n’est pas exigible au même moment selon qu’il s’agit d’une vente de biens ou d’une prestation de services
→ impact : un mauvais suivi peut créer un décalage de trésorerie et une déclaration erronée - Un crédit de TVA n’est pas une anomalie
→ lorsque la TVA déductible dépasse la TVA collectée, l’entreprise obtient un crédit de TVA
→ impact : ce mécanisme peut soulager la trésorerie, notamment en phase d’investissement ou de démarrage
Quels taux de TVA appliquer et quels points faut-il vérifier avant de facturer ?
Comprendre comment fonctionne la TVA pour les entreprises suppose aussi de savoir quel taux appliquer au bon moment. En France métropolitaine, les taux de TVA en vigueur sont de 20 %, 10 %, 5,5 % et 2,1 %. Le taux normal est de 20 %, tandis que les autres taux s’appliquent à certaines opérations ou catégories de biens et services prévues par la réglementation.
Les taux de 20 %, 10 %, 5,5 % et 2,1 % en France métropolitaine
Le taux de 20 % est le taux normal. Il s’applique à la majorité des ventes de biens et des prestations de services. Les taux réduits de 10 %, 5,5 % et 2,1 % concernent seulement certaines opérations précises. L’enjeu pratique est simple : vous n’appliquez pas un taux parce qu’il vous semble cohérent commercialement, vous appliquez celui qui correspond exactement à l’opération réalisée.
Pour un dirigeant, l’interprétation utile est la suivante : tant que votre activité relève d’une offre standard sans régime particulier, le taux de 20 % reste le point de départ. En revanche, dès que vous exercez une activité mixte, que vous vendez plusieurs catégories de prestations ou que vous combinez produit et service, une vérification devient indispensable.
Les cas où le bon taux ne va pas de soi
Le bon taux ne dépend pas seulement de votre statut d’entreprise. Il dépend surtout de la nature exacte de l’opération facturée. Deux entreprises dans le même secteur peuvent donc ne pas appliquer le même taux sur toutes leurs lignes de facturation si leurs prestations réelles diffèrent. Cette précision évite une erreur fréquente : raisonner par profession au lieu de raisonner par opération taxable.
L’impact concret est immédiat. Une erreur de taux peut créer un redressement, une facture à corriger ou une marge dégradée si le prix TTC a déjà été annoncé au client. En pratique, il est donc plus prudent de valider le traitement TVA avant la mise en vente ou avant la création d’un modèle de facture, plutôt qu’après les premières émissions.
Les mentions de facture à sécuriser dès le départ
La TVA ne se joue pas uniquement sur le taux. Elle se joue aussi sur la qualité de la facture. Une entreprise en franchise en base ne facture pas la TVA et doit faire apparaître la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». À l’inverse, une entreprise redevable doit facturer la TVA conformément à son régime et à l’opération concernée.
Autrement dit, la facture doit être cohérente avec votre régime, votre activité et votre niveau de chiffre d’affaires. C’est un point clé, car une facture incorrecte ne crée pas seulement un risque administratif. Elle peut aussi brouiller la relation commerciale, compliquer la comptabilité et fragiliser votre pilotage de la TVA.
- votre entreprise relève-t-elle de la franchise en base ou d’un régime avec TVA facturée ;
- l’opération réalisée relève-t-elle bien d’un taux standard ou d’un taux réduit ;
- le moment d’exigibilité de la TVA est-il cohérent avec votre activité ;
- votre facture comporte-t-elle les bonnes mentions au regard de votre régime.
Cette vérification réduit fortement le risque d’erreur dès le départ. Pour une TPE ou un indépendant, c’est souvent le réflexe le plus rentable : quelques minutes de contrôle évitent ensuite des corrections, des écarts de trésorerie ou des régularisations plus lourdes.
Comment arbitrer votre régime de TVA sans pénaliser votre trésorerie ?
Le bon régime de TVA ne se choisit pas uniquement à partir d’un seuil. Il se choisit à partir de votre modèle économique. Une entreprise qui raisonne seulement en fonction de son chiffre d’affaires risque de retenir un cadre fiscal simple sur le papier, mais coûteux dans la réalité. À l’inverse, une entreprise qui anticipe ses achats, sa clientèle et son rythme d’encaissement prend généralement une décision plus rentable et plus stable.
Le premier critère à regarder est le poids de vos achats professionnels avec TVA récupérable. Si vos dépenses sont faibles, la franchise en base peut rester cohérente, car elle allège fortement la gestion. Si vos investissements, abonnements, loyers, prestations externes ou achats de matériel deviennent importants, l’option pour la TVA peut au contraire améliorer votre situation en vous permettant de récupérer une partie de cette charge fiscale. Le bon arbitrage ne consiste donc pas à payer ou non la TVA. Il consiste à mesurer ce que vous perdez ou gagnez en récupération.
Le deuxième critère est votre type de clientèle. Si vous travaillez surtout avec des particuliers, l’absence de TVA peut rendre votre prix final plus lisible et parfois plus compétitif. Si vous travaillez surtout en B2B, la logique change. Vos clients raisonnent souvent en hors taxe, ce qui réduit l’intérêt commercial de rester en franchise si cela vous prive en parallèle de la TVA déductible sur vos achats.
Le troisième critère est la pression exercée sur votre trésorerie. Une entreprise qui facture la TVA doit l’anticiper et la suivre rigoureusement. Une entreprise qui ne la facture pas simplifie sa gestion, mais absorbe aussi en coût la TVA sur ses achats. Autrement dit, le bon choix dépend de votre capacité à piloter un flux fiscal régulier sans déséquilibrer votre trésorerie à court terme.
Chez Advyse, l’enjeu n’est donc pas seulement de vous expliquer comment fonctionne la TVA pour les entreprises. L’enjeu est de vous aider à trancher au bon moment, avec les bons critères. En pratique, il faut vérifier votre chiffre d’affaires, vos dépenses soumises à TVA, la nature de votre clientèle et votre capacité à suivre vos obligations déclaratives. C’est cette lecture d’ensemble qui permet d’éviter un mauvais régime par défaut. Si l’arbitrage entre franchise, réel simplifié et réel normal reste hésitant, un accompagnement en fiscalité d’entreprise permet de trancher avec une vision plus précise de votre marge et de votre trésorerie.
✔ À retenir
- Comprendre le mécanisme de base
→ l’entreprise collecte la TVA sur ses ventes et déduit, sous conditions, la TVA payée sur ses achats professionnels
→ impact : vous identifiez plus facilement ce que vous devez réellement reverser - Identifier le bon régime de TVA
→ franchise en base, réel simplifié ou réel normal selon votre chiffre d’affaires, vos achats et votre capacité de gestion
→ impact : vous limitez les erreurs de facturation et les régularisations subies - Vérifier le bon moment d’exigibilité
→ la TVA ne devient pas due au même moment pour une vente de biens et pour une prestation de services
→ impact : vous protégez votre trésorerie et sécurisez vos déclarations - Sécuriser vos factures dès le départ
→ le bon taux et les bonnes mentions doivent être cohérents avec votre régime et la nature de l’opération réalisée
→ impact : vous réduisez le risque fiscal, comptable et commercial
Conclusion
Comprendre comment fonctionne la TVA pour les entreprises permet d’éviter une erreur fréquente : traiter la TVA comme une simple formalité comptable. En réalité, la TVA influence directement votre prix, votre trésorerie, votre rythme déclaratif et la rentabilité réelle de certains choix.
Le bon réflexe consiste donc à raisonner en trois temps. D’abord, vérifier si votre entreprise relève de la franchise en base ou d’un régime avec TVA facturée. Ensuite, mesurer le poids réel de vos achats professionnels pour savoir si la récupération de la TVA change votre équilibre économique. Enfin, sécuriser vos factures, vos échéances et votre suivi de trésorerie pour éviter qu’une obligation fiscale devienne un problème de gestion.
Une entreprise qui comprend son régime de TVA prend de meilleures décisions. Elle facture de façon plus juste, pilote mieux sa trésorerie et anticipe plus sereinement sa croissance.
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FAQ sur le fonctionnement de la TVA pour les entreprises
Est-ce qu’une entreprise doit toujours facturer la TVA ?
Non. Une entreprise en franchise en base ne facture pas la TVA tant qu’elle respecte les seuils applicables. En 2026, ces seuils restent à 85 000 € pour les ventes de biens et 37 500 € pour les prestations de services, avec un montant annuel de TVA due inférieur à 15 000 €.
Pourquoi la TVA est-elle dite neutre pour l’entreprise ?
Parce qu’une entreprise assujettie collecte la TVA sur ses ventes et peut déduire, sous conditions, la TVA payée sur ses achats professionnels. Elle reverse ensuite la différence à l’administration fiscale.
Quand la TVA devient-elle due sur une prestation de services ?
Pour une prestation de services, la TVA devient en principe exigible lors de l’encaissement du prix ou des acomptes. Ce point a un impact direct sur le suivi de trésorerie.
Quand la TVA devient-elle due sur une vente de biens ?
Pour une vente de biens, la TVA devient en principe exigible au moment de la livraison. L’entreprise peut donc avoir à la déclarer avant l’encaissement complet du prix si le client paie plus tard.
Peut-on récupérer toute la TVA sur ses achats ?
Non. Le principe est celui de la TVA déductible sur les achats professionnels éligibles, mais certaines dépenses n’ouvrent pas droit à déduction. Il faut donc vérifier la nature de la dépense et la conformité des justificatifs.
Que se passe-t-il si la TVA déductible dépasse la TVA collectée ?
L’entreprise obtient un crédit de TVA. Selon sa situation, ce crédit peut être imputé sur des déclarations suivantes ou faire l’objet d’une demande de remboursement.
Comment savoir si l’on relève du réel simplifié ou du réel normal ?
Cela dépend notamment du chiffre d’affaires et, pour le réel simplifié, du montant annuel de TVA due. En 2026, le réel simplifié vise notamment les entreprises sous certains seuils avec une TVA due inférieure à 15 000 €, tandis que le réel normal s’applique au-delà de 945 000 € pour les ventes de biens et 286 000 € pour les prestations de services.
Miloud BETTAYEB, expert-comptable et commissaire aux comptes, est le co-fondateur du réseau de cabinet de conseil et d’expertise comptable Advyse.
