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Les bases de la fiscalité SASU pour les créateurs d’entreprise

La fiscalité SASU est souvent l’un des sujets les plus complexes et les plus redoutés par les créateurs d’entreprise. Lorsqu’on se lance seul, le choix du statut juridique ne suffit pas. Il faut aussi anticiper comment seront imposés les bénéfices, quelle sera la charge fiscale à prévoir et comment optimiser la rémunération du dirigeant. Ces décisions influencent directement vos revenus personnels, la trésorerie de votre société et votre protection sociale.
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La fiscalité SASU est souvent l’un des sujets les plus complexes et les plus redoutés par les créateurs d’entreprise. Lorsqu’on se lance seul, le choix du statut juridique ne suffit pas. Il faut aussi anticiper comment seront imposés les bénéfices, quelle sera la charge fiscale à prévoir et comment optimiser la rémunération du dirigeant. Ces décisions influencent directement vos revenus personnels, la trésorerie de votre société et votre protection sociale.

La particularité de la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est qu’elle offre une certaine souplesse fiscale. Par défaut, elle relève de l’impôt sur les sociétés (IS). Mais il est possible, sous conditions, d’opter pour l’impôt sur le revenu (IR). Chaque régime entraîne différentes conséquences sur le montant de vos impôts et sur la manière dont vous pourrez vous rémunérer (salaire ou dividendes).

Au-delà de la question de l’IS ou de l’IR, la SASU doit également composer avec la TVA, la cotisation foncière des entreprises (CFE) et d’autres contributions éventuelles. Bien comprendre ces mécanismes vous permettra de mieux anticiper vos charges et d’éviter les mauvaises surprises.

Pourquoi choisir une SASU et pas un autre statut ?

La SASU est très prisée des entrepreneurs individuels, car elle combine flexibilité et protection. Contrairement à la micro-entreprise, elle distingue clairement votre patrimoine personnel de celui de la société. Elle permet aussi d’accueillir plus tard de nouveaux associés en se transformant facilement en SAS.

Quant à la fiscalité d’une SASU, vous pouvez : 

  • choisir entre deux régimes d’imposition, 
  • ajuster votre rémunération, 
  • décider de distribuer ou non des dividendes, 
  • optimiser votre situation en fonction d’autres revenus, notamment les salaires, allocations, ARE (Allocation d’aide au retour à l’emploi), etc. 

Avant de vous lancer, il vous est donc conseillé de bien comprendre ces mécanismes. L’accompagnement d’un expert comptable SASU est une bonne idée pour sécuriser vos choix. Ainsi, vous évitez de payer trop d’impôts et de négliger votre protection sociale. Ainsi, vous évitez de payer trop d’impôts et de négliger votre protection sociale.

SASU et Impôt sur les Sociétés (IS) : le régime par défaut

Lorsqu’une SASU est créée, elle est automatiquement soumise à l’impôt sur les sociétés. Cela signifie que c’est la société, et non l’associé unique, qui est imposée directement sur ses bénéfices. Le dirigeant choisit, par la suite, de se rémunérer via un salaire ou des dividendes, chacun ayant ses propres règles fiscales.

Quel est le taux d’imposition ?

En 2025, le taux normal de l’IS est fixé à 25 %. Toutefois, les petites entreprises bénéficient d’un taux réduit de 15 % sur la première tranche de 42 500 € de bénéfices, sous certaines conditions. Ainsi, les jeunes sociétés ont l’occasion de limiter leur imposition en phase de démarrage.

Supposons que votre SASU réalise un bénéfice imposable de 60 000 €. Dans ce cas , les 42 500 premiers euros sont imposés à 15 %, soit 6 375 €. Le reste, soit 17 500 €, est taxé à 25 %, soit 4 375 €. Au total, votre société va payer 10 750 € d’IS, ce qui représente un taux effectif d’environ 18 %. Ce mécanisme permet donc aux petites structures d’être moins taxées tant que leur bénéfice reste modéré.

Conditions pour bénéficier du taux réduit

Le taux réduit n’est pas automatique. Pour en bénéficier, votre SASU doit respecter trois conditions :

  1. Réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros.
  2. Avoir un capital social entièrement libéré (c’est-à-dire que l’associé a bien versé toutes les sommes promises).
  3. Être détenue à 75 % minimum par des personnes physiques.

Ces critères visent à réserver l’avantage fiscal aux petites entreprises indépendantes, et non aux grandes filiales de groupes. Si votre SASU respecte ces conditions, vous réduirez significativement vos impôts en début d’activité.

Quels en sont les avantages ?

La rémunération du président est déductible du bénéfice imposable, ce qui permet de réduire la base d’imposition. Vous avez aussi la possibilité de laisser les bénéfices dans la société pour financer vos projets sans payer d’impôt personnel immédiat. Vous pouvez également décider plus tard de distribuer des dividendes. Ainsi, vous profitez d’une grande flexibilité dans la gestion de vos revenus.

Peut-on opter pour l’impôt sur le revenu (IR) en SASU ?

Bien que l’IS soit le régime par défaut, il est possible de choisir l’impôt sur le revenu (IR) pour une SASU. Dans ce cas, la société n’est pas imposée directement. Ce sont les bénéfices qui sont reportés sur votre déclaration personnelle, comme si vous exerciez en nom propre.

Le choix de l’IR : pour qui, pourquoi ?

L’option pour l’IR est valable pour 5 ans maximum. Elle n’est pas non plus ouverte à toutes les SASU. Elle concerne uniquement les sociétés de moins de 5 ans, exerçant une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole, et dont le capital est détenu à au moins 50 % par une personne physique.

Si vos bénéfices sont modestes et que vous disposez d’autres sources de revenus (par exemple un emploi salarié ou des allocations ARE), sachez que ce régime reste intéressant. Ainsi, vos revenus d’entrepreneur sont intégrés à votre foyer fiscal. Ils bénéficient aussi du système du quotient familial, ce qui peut réduire l’impôt global.

Comparaison IS vs IR pour un créateur d’entreprise

Pour mieux comprendre, comparons deux cas pratiques.

  1. Sophie crée une SASU qui réalise 20 000 € de bénéfice. Si elle est à l’IS, sa société paie environ 3 000 € d’impôt (taux réduit). Elle ne débourse rien de plus, si elle ne se verse pas de dividendes. À l’IR, ces 20 000 € s’ajouteront à ses autres revenus personnels, ce qui peut la placer dans une tranche d’imposition élevée.
  2. Paul dirige une SASU qui dégage 10 000 € de bénéfice alors qu’il perçoit déjà un salaire salarié. En choisissant l’IR, ses bénéfices seront taxés directement à l’impôt sur le revenu, mais s’il se situe dans une faible tranche, il paiera moins d’impôts que s’il était à l’IS.

En résumé, l’IR est souvent intéressant pour les SASU en tout début d’activité, avec peu ou pas de bénéfices. Mais dès que les résultats augmentent, l’IS devient plus avantageux.

Comment se rémunérer en SASU : ce qu’il faut savoir

Une fois le régime fiscal choisi, la question clé reste la rémunération du dirigeant. Vous avez deux options principales : vous verser un salaire ou des dividendes. 

Se verser un salaire : avantages et limites

En tant que président de SASU, vous êtes assimilé salarié, c’est-à-dire que vos rémunérations sont soumises aux cotisations sociales. Ces dernières correspondent à environ 70 % de charges sur le net. Cette somme peut sembler lourd, mais en contrepartie, vous bénéficiez d’une protection sociale complète : 

  • assurance maladie, 
  • retraite, 
  • prévoyance.

Cette solution est conseillée, si vous comptez vivre de votre activité. En effet, elle garantit une sécurité financière et des droits sociaux. Toutefois, elle réduit la trésorerie de la société et peut limiter sa capacité d’investissement.

Se verser des dividendes : plus rentable ?

Les dividendes constituent l’autre mode de rémunération possible. Ils sont imposés à la flat tax de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Contrairement au salaire, ils ne génèrent aucune protection sociale. Autrement dit, si vous ne vous versez que des dividendes, vous ne cotisez pas pour votre retraite ni pour la Sécurité sociale.

Les dividendes sont souvent utilisés comme complément au salaire, notamment quand la société dégage un bénéfice important. Mais attention, ils ne doivent pas se substituer totalement à la rémunération si vous dépendez de la SASU pour vivre.

Quelle option choisir quand on débute ?

Lorsqu’on lance son activité, la prudence recommande de privilégier le salaire. Cela vous permet de cotiser, de sécuriser vos droits sociaux et d’avoir un revenu stable. Les dividendes peuvent être envisagés en complément si vous n’avez pas besoin de la totalité du bénéfice pour vivre, ou si vous avez d’autres sources de revenus.

TVA et SASU : quelles sont vos obligations ?

La gestion de la TVA est une autre dimension importante de la fiscalité SASU. Dès le lancement, vous devez décider si vous optez pour la franchise en base ou pour un régime réel.

Franchise de TVA : bonne option au démarrage

En franchise en base, vous ne facturez pas la TVA à vos clients et vous n’avez pas à la déclarer. C’est un avantage en termes de simplicité administrative, mais vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats professionnels.

Ce régime est réservé aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas :

  • 91 900 € pour les ventes
  • 36 800 € pour les prestations de services. 

C’est une bonne option si vous visez une clientèle de particuliers, sensible aux prix.

Quand passer au régime réel ?

Dès que vous dépassez les seuils ou que vous travaillez principalement avec des professionnels, le régime réel devient plus avantageux. Il existe deux formules : 

  • le réel simplifié, adapté aux petites structures, 
  • le réel normal, pour les sociétés avec un volume plus important.

Dans bien des cas, il est judicieux d’opter pour la TVA dès le départ, car cela permet de récupérer la TVA sur vos investissements et de donner une image plus professionnelle auprès des clients BtoB.

Autres impôts et contributions à connaître

Au-delà de l’IS ou de l’IR et de la TVA, une SASU doit s’acquitter de certaines taxes locales ou sectorielles.

CFE : la cotisation foncière des entreprises

La CFE est une taxe locale due par toutes les entreprises, même si vous ne réalisez pas de chiffre d’affaires. Son montant dépend de la commune et de la surface utilisée pour l’activité. Bonne nouvelle : la première année, la CFE est souvent exonérée.

CVAE, taxe d’apprentissage, TVS… faut-il s’en préoccuper ?

D’autres contributions peuvent concerner votre SASU, mais elles dépendent de votre situation :

  • La CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) concerne les entreprises réalisant plus de 500 000 € de chiffre d’affaires. 
  • La taxe d’apprentissage concerne les sociétés employant des salariés. 
  • La TVS (taxe sur les véhicules de société) s’applique uniquement si vous mettez un véhicule à disposition.

En pratique, pour un créateur de SASU sans salarié et avec une activité modeste, ces taxes ne sont pas prioritaires.

5 erreurs fiscales fréquentes à éviter quand on crée une SASU

Beaucoup d’entrepreneurs commettent les mêmes erreurs au moment de lancer leur SASU. Voici celles à éviter absolument :

  1. Oublier d’opter pour l’IR à temps. Passé le délai, il n’est plus possible de revenir en arrière.
  2. Mal comprendre la franchise de TVA. Certains croient être exonérés d’impôt, alors qu’ils ne font que ne pas facturer la TVA.
  3. Confondre dividendes et salaire. Les dividendes ne remplacent pas une vraie rémunération et n’ouvrent aucun droit social.
  4. Sous-estimer les charges sociales. Se verser un salaire coûte plus cher que prévu si on ne l’anticipe pas.
  5. Ne pas se faire accompagner. La fiscalité est un domaine complexe et un expert-comptable peut vous faire économiser du temps et de l’argent.

Conclusion : cernez les bases de la fiscalité d’une SASU

La fiscalité d’une SASU repose sur trois grandes décisions stratégiques : 

  • choisir entre IS et IR, 
  • déterminer comment se rémunérer (salaire ou dividendes), 
  • gérer correctement la TVA. 

À cela s’ajoutent d’autres obligations fiscales comme la CFE. Bien anticiper ces choix permet d’optimiser vos revenus, d’éviter les erreurs coûteuses et de sécuriser votre projet. Chaque situation étant différente, il est fortement recommandé de réaliser des simulations ou de se faire accompagner par un expert-comptable. 

Chez Advyse, nous conseillons les créateurs d’entreprise à chaque étape : choix du régime fiscal, gestion de la paie, optimisation des dividendes.

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FAQ : vos questions sur la fiscalité d’une SASU

Quel régime fiscal choisir pour une SASU ?

Par défaut, c’est l’IS. Mais vous pouvez opter pour l’IR pendant 5 ans si vous êtes éligible.

Doit-on payer la TVA en SASU ?

Non si vous êtes en franchise en base. Oui, dès que vous dépassez certains seuils de CA.

Quels impôts faut-il payer en SASU ?

IS ou IR, TVA, CFE, et éventuellement d’autres contributions selon votre activité.

Combien coûte une SASU en impôts ?

Cela dépend du bénéfice, du régime fiscal, de la rémunération et du statut TVA. Exemple : une SASU avec 40 000 € de bénéfice paiera environ 6 000 € d’IS (taux réduit).

Peut-on créer une SASU sans expert-comptable ?

Oui, mais ce n’est pas recommandé. Un expert-comptable vous aide à gérer vos déclarations fiscales et à optimiser vos choix.

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