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Les règles à connaître sur la TVA quand on dirige une SAS

La TVA en SAS (Société par Actions Simplifiée) est un sujet qui fait souvent peur aux dirigeants, surtout lors des premières années d’activité. Entre seuils de chiffre d’affaires, choix du régime, déclarations obligatoires et règles de récupération, il est facile de s’y perdre. Pourtant, maîtriser la TVA est essentiel pour éviter des erreurs coûteuses et optimiser la trésorerie de votre société.
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La TVA en SAS (Société par Actions Simplifiée) est un sujet qui fait souvent peur aux dirigeants, surtout lors des premières années d’activité. Entre seuils de chiffre d’affaires, choix du régime, déclarations obligatoires et règles de récupération, il est facile de s’y perdre. Pourtant, maîtriser la TVA est essentiel pour éviter des erreurs coûteuses et optimiser la trésorerie de votre société.

Dans ce guide pratique, nous allons clarifier pas à pas le fonctionnement de la TVA en SAS, avec des explications concrètes, des exemples chiffrés et des conseils d’expert pour vous aider à gérer vos obligations fiscales sereinement.

Les 10 règles incontournables sur la TVA en SAS

La TVA est une taxe qui traverse toute la vie de votre entreprise. Elle influence vos prix, votre trésorerie, vos relations avec vos clients et même vos choix stratégiques. Voici donc les dix règles clés à connaître pour piloter sereinement votre fiscalité.

Règle n°1 : une SAS est assujettie à la TVA par défaut

La première chose à comprendre est que la SAS, par sa nature juridique, est automatiquement assujettie à la TVA. Cela signifie que, sauf option particulière, vous devez collecter cette taxe auprès de vos clients et la reverser à l’État. Autrement dit, la TVA transite par votre trésorerie, mais elle ne vous appartient pas.

Beaucoup de dirigeants de SAS ou de SASU se sentent rapidement dépassés par ces obligations. C’est pourquoi s’entourer d’un expert comptable SAS peut être une vraie sécurité. Il s’assure que vos déclarations sont exactes, que vous respectez vos échéances et que vous ne commettez pas d’erreurs coûteuses.

Règle n°2 : il existe trois régimes de TVA selon le chiffre d’affaires

Toutes les SAS sont soumises à la TVA, mais pas de la même manière. Le régime applicable dépend directement de votre chiffre d’affaires. Trois options existent : 

  • la franchise en base, 
  • le régime réel simplifié, 
  • le régime réel normal.

Une SAS qui vend, par exemple, des vêtements en ligne avec un chiffre d’affaires de 50 000 €, bénéficie de la franchise en base. Dans ce cas, elle ne facture pas la TVA et simplifie ses démarches. Mais si cette même SAS se développe et atteint 200 000 € de chiffre d’affaires, elle basculera automatiquement dans le régime réel simplifié, ce qui implique des déclarations régulières et des acomptes. Et si elle dépasse les 840 000 €, elle devra adopter le régime réel normal, avec des obligations plus lourdes.

Ce découpage permet à l’administration de proportionner les obligations en fonction de la taille de l’entreprise. Mais pour vous, dirigeant, cela suppose de suivre attentivement l’évolution de votre chiffre d’affaires pour anticiper un éventuel changement de régime.

Règle n°3 : le régime dépend de votre chiffre d’affaires

Les seuils sont la clé pour savoir à quel régime vous appartenez. Ils varient selon la nature de votre activité : vente de biens ou prestations de services.

Activité

Franchise en base

Réel simplifié

Réel normal

Vente de biens

< 91 900 €

< 840 000 €

> 840 000 €

Prestations de services

< 36 800 €

< 254 000 €

> 254 000 €

Cela signifie qu’un e-commerçant qui réalise 100 000 € de ventes bascule automatiquement au réel simplifié. Un consultant indépendant, quant à lui, peut rester en franchise en base tant qu’il ne dépasse pas 36 800 €.

Suivez donc attentivement vos prévisions et vos facturations. En anticipant un changement de régime, vous évitez les mauvaises surprises.

Règle n°4 : le bon régime se choisit dès la création de la SAS

Le choix du régime de TVA fait partie de la stratégie de votre entreprise. Au moment de l’immatriculation, vous devez indiquer votre régime fiscal. Ce choix peut aussi être modifié plus tard, via une demande auprès de votre Service des impôts des entreprises (SIE).

À titre d’exemple, si vous prévoyez d’investir massivement en matériel informatique ou en communication, opter pour un régime réel peut vous permettre de récupérer la TVA sur vos dépenses. À l’inverse, lorsque vous démarrez doucement et ciblez des particuliers sensibles au prix TTC, la franchise en base peut être plus attractive. Votre décision conditionne votre trésorerie dès le départ : ne la prenez pas à la légère.

Règle n°5 : Vous devez utiliser les bons formulaires de déclaration

Chaque régime correspond à un type de formulaire fiscal. Si vous êtes au réel normal, vous devez remplir une déclaration CA3 tous les mois ou tous les trimestres. Si vous êtes au réel simplifié, c’est une déclaration CA12 à déposer une fois par an, avec des acomptes à verser en cours d’année.

Même en l’absence de chiffre d’affaires, la déclaration reste obligatoire. Une SAS qui n’a pas encore signé de contrat doit quand même envoyer une déclaration « néant ».

N’attendez jamais la dernière minute. Les plateformes fiscales peuvent être saturées à l’approche des échéances et un retard coûte cher.

Règle n°6 : Si vous facturez la TVA, vous devez la reverser

La TVA n’est pas un revenu, mais une taxe collectée pour le compte de l’État. La règle de calcul est simple : TVA collectée – TVA déductible = TVA à payer.

Vous avez encaissé 2 000 € de TVA sur vos ventes ce trimestre ? Dans le même temps, vous avez payé 800 € de TVA sur vos achats professionnels. Vous devez donc reverser 1 200 € au Trésor public.

Dans certains cas, le solde peut être négatif. Vous êtes alors en crédit de TVA. Cela arrive notamment quand vous investissez beaucoup au démarrage. Vous pouvez demander un remboursement ou reporter ce crédit.

Règle n°7 : vous ne pouvez déduire la TVA que sur certaines dépenses

La TVA déductible ne concerne pas toutes vos factures. Elle ne s’applique qu’aux dépenses professionnelles justifiées. Vous devez conserver chaque justificatif en cas de contrôle.

Vous achetez, par exemple, des ordinateurs pour vos salariés. Dans ce cas, la TVA est récupérable. En revanche, si vous réglez un dîner personnel au restaurant, elle ne l’est pas. Même chose pour le carburant d’un véhicule de tourisme, qui est partiellement exclu.

Cette règle impose une rigueur comptable. Classez vos factures, vérifiez les mentions obligatoires et gardez une trace de vos dépenses.

Règle n°8 : certaines activités sont exonérées de TVA

Toutes les activités ne sont pas soumises à la TVA. Le Code général des impôts prévoit des exonérations, notamment pour le secteur médical, l’enseignement, certaines formations, ou encore les opérations financières.

À l’international, la règle change encore. Une exportation peut être exonérée, tandis qu’une livraison intracommunautaire peut être soumise à un mécanisme d’autoliquidation.

Règle n°9 : Vous devez mentionner la TVA clairement sur vos factures

Une facture conforme est la première garantie de sécurité fiscale. Elle doit indiquer le taux de TVA applicable (20 %, 10 %, 5,5 % ou 2,1 %), le montant HT, le montant de la TVA et le montant TTC. Votre numéro de TVA intracommunautaire doit également y figurer dès lors que vous dépassez certains seuils.

Soyez précis, car une bonne facturation protège autant votre entreprise que vos relations commerciales.

Règle n°10 : Des sanctions s’appliquent en cas d’oubli ou d’erreur

La TVA n’est pas un domaine où l’on peut se permettre d’être approximatif. L’administration fiscale applique des sanctions sévères en cas de retard, d’oubli ou de déclaration fausse. Les majorations vont de 10 % à 80 %, selon la gravité et l’intention supposée.

Prenons l’exemple d’une SAS qui oublie de déclarer la TVA pendant trois mois. Elle s’expose non seulement à devoir régulariser le montant dû, mais aussi à payer une majoration qui peut peser lourd sur sa trésorerie.

Les 4 régimes de TVA applicables à une SAS

Selon votre activité et votre chiffre d’affaires, vous pouvez relever de quatre régimes différents. Chacun a ses avantages, ses contraintes et son impact sur la gestion de votre société. 

1- Le régime de franchise en base

Le régime de franchise en base de TVA est réservé aux petites structures. Si votre SAS génère moins de 36 800 € de chiffre d’affaires annuel pour des prestations de services ou moins de 91 900 € pour des ventes de biens, vous pouvez en bénéficier.

Dans ce cas, vous ne facturez pas de TVA à vos clients, et vous n’avez donc pas à la reverser à l’État. Cette simplicité séduit souvent les créateurs d’entreprise, car elle allège considérablement les obligations administratives. Mais il y a un revers de la médaille : vous ne pouvez pas non plus récupérer la TVA sur vos achats.

2- Le régime réel simplifié

Le régime réel simplifié concerne les SAS qui dépassent les seuils de la franchise en base, mais restent en dessous de 254 000 € pour les services et 840 000 € pour les ventes. C’est le régime le plus courant chez les petites entreprises.

Sous ce régime, vous devez déposer une déclaration annuelle de TVA (formulaire CA12), mais vous n’êtes pas obligé de déclarer chaque mois. En revanche, vous devez verser deux acomptes semestriels : le premier en juillet, le second en décembre.

3- Le régime réel normal

Le régime réel normal est obligatoire pour les SAS dont le chiffre d’affaires dépasse les seuils du simplifié. Mais il peut aussi être choisi volontairement par des entreprises qui veulent un suivi plus régulier de leur TVA.

Avec ce régime, la TVA se déclare via le formulaire CA3, généralement chaque mois. Si la TVA due annuellement est inférieure à 4 000 €, il est possible d’opter pour une déclaration trimestrielle.

4- Le régime mini-réel

Moins connu, le mini-réel est un régime mixte. Il combine la TVA déclarée selon les règles du régime normal, mais les bénéfices de l’entreprise restent imposés au régime simplifié.

Ce régime peut être un bon compromis pour les entreprises qui veulent bénéficier d’un suivi régulier de la TVA, notamment pour récupérer rapidement leurs crédits, sans pour autant alourdir leur fiscalité sur les bénéfices.

Les 3 obligations du dirigeant de SAS en matière de TVA

Être président d’une SAS, c’est porter la responsabilité juridique et fiscale de l’entreprise. Même si vous déléguez la comptabilité à un expert, c’est vous qui restez responsable devant l’administration. En matière de TVA, vos obligations se résument en trois piliers incontournables : la facturation, les déclarations et la gestion des crédits.

1- Facturation conforme

La première obligation, c’est d’émettre des factures conformes à la législation. Chaque facture doit mentionner le montant HT, le taux de TVA applicable, le montant de la TVA et le montant TTC. À cela s’ajoute votre numéro de TVA intracommunautaire, obligatoire dès lors que vous travaillez avec des partenaires européens.

2- Déclarations et paiements

La deuxième obligation, c’est la déclaration de TVA. Tout dépend de votre régime :

  • Au réel normal, vous déclarez chaque mois (ou chaque trimestre si votre TVA due est faible).
  • Au réel simplifié, vous faites une déclaration annuelle et vous versez deux acomptes.

Ces déclarations se font directement en ligne sur le portail impots.gouv.fr. Les délais sont généralement le 19 ou le 24 du mois suivant pour une déclaration mensuelle.

3- Remboursement ou crédit de TVA

Enfin, la troisième obligation concerne la gestion des crédits de TVA. Si vos achats professionnels génèrent plus de TVA déductible que la TVA collectée sur vos ventes, vous vous retrouvez en situation de crédit.

Vous pouvez aussi choisir de le reporter sur les périodes suivantes. Toutefois, sachez qu’un remboursement immédiat améliore la trésorerie, mais le report peut simplifier la comptabilité.

Conclusion : TVA et SAS, une gestion stratégique à ne pas négliger

Un mauvais choix de régime peut fragiliser votre trésorerie, tandis qu’un suivi rigoureux vous permet de récupérer rapidement la TVA sur vos investissements.

En résumé :

  • Vérifiez vos seuils de chiffre d’affaires.
  • Choisissez un régime adapté à votre activité.
  • Respectez vos obligations déclaratives et vos échéances.

Chez Advyse, nous accompagnons les dirigeants de SAS et SASU pour sécuriser leurs obligations fiscales, optimiser leur trésorerie et gagner du temps. 

 

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FAQ sur la TVA en SAS

Quel régime de TVA pour une SAS en 2025 ?

Le régime dépend du chiffre d’affaires : franchise en base (jusqu’à 36 800 € pour les services ou 91 900 € pour les ventes), réel simplifié jusqu’à 254 000 € / 840 000 €, puis réel normal au-delà.

Peut-on ne pas facturer la TVA en SAS ?

Oui, si vous êtes en franchise en base. Dans ce cas, vous ne facturez pas la TVA et ne pouvez pas la récupérer. Vos factures doivent porter la mention « TVA non applicable – art. 293 B CGI ».

Quelles sont les dates limites pour la déclaration de TVA ?

  • CA3 (réel normal) : chaque mois ou trimestre, avant le 19 ou 24 du mois suivant.
  • CA12 (réel simplifié) : une fois par an, en mai, avec acomptes en juillet et décembre.

Que se passe-t-il si je me trompe dans la déclaration ?

L’administration applique des pénalités en cas d’erreur ou de retard. Toutefois, vous pouvez corriger votre déclaration en déposant une déclaration rectificative.

Quelle TVA peut-on récupérer en SAS ?

Uniquement la TVA sur les dépenses professionnelles justifiées (ex. matériel, fournitures, loyers). Certaines charges restent exclues, comme le logement, une partie des repas ou le carburant pour véhicules de tourisme.

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