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Comment faire le bon choix entre la sas ir ou is au moment de la création ?

SAS à l’IR ou à l’IS : quel régime fiscal choisir lors de la création de votre entreprise ? Et surtout, quel impact ce choix aura-t-il sur l’imposition de vos bénéfices et les ressources disponibles pour développer votre projet ?
création entreprise sas ir ou is

Table des matières

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📄 Résumé de l’article

  • La SAS est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS), mais peut opter temporairement pour l’impôt sur le revenu (IR) sous certaines conditions.
  • Avec l’IS, c’est la société qui paie l’impôt sur ses bénéfices ; avec l’IR, l’imposition est directement supportée par les associés selon leur quote-part de résultat.
  • L’IR peut être intéressant au démarrage de l’activité, notamment en présence de faibles bénéfices ou de déficits.
  • L’IS est souvent privilégié lorsque l’entreprise souhaite conserver des bénéfices pour financer sa croissance ou ses investissements.
  • Le choix entre IR et IS doit tenir compte du projet entrepreneurial, de la situation fiscale des associés, des besoins de trésorerie et des objectifs de développement.

Le choix entre une SAS IR ou IS intervient dès la création de l’entreprise. Pourtant, ses effets se prolongent bien après l’immatriculation. Le régime fiscal retenu détermine la manière dont les bénéfices seront imposés et la part des résultats qui restera disponible pour faire avancer le projet.

Par défaut, la SAS relève de l’impôt sur les sociétés. Elle peut aussi accéder à l’impôt sur le revenu sous certaines conditions. Derrière cette différence se cachent deux logiques distinctes. Dans un cas, l’entreprise supporte l’impôt. Dans l’autre, la charge fiscale remonte directement chez les associés.

Le choix dépend autant du projet que de la situation du dirigeant. Une société qui prévoit de réinvestir ses résultats ne poursuit pas le même objectif qu’une activité destinée à générer un revenu dès les premières années.

Avant de valider ce régime fiscal, mieux vaut mesurer les conséquences de chaque option. Un écart limité au départ peut représenter plusieurs milliers d’euros lorsque l’activité prend de l’ampleur.

L’entreprise ou les associés : qui supporte l’impôt ?

Le choix entre l’IR et l’IS détermine la personne qui supporte l’impôt sur les bénéfices.

Selon le régime retenu :

  • la société paie l’impôt ;
  • ou les associés paient l’impôt sur leur quote-part de résultat.

Cette différence a un effet sur :

  • la trésorerie conservée dans l’entreprise ;
  • la rémunération du dirigeant ;
  • l’utilisation des bénéfices ;
  • la stratégie de développement.

Avant d’arrêter votre choix, il peut être utile de comparer les conséquences de chaque régime fiscal de l’entreprise sur l’imposition des bénéfices, la trésorerie et les revenus du dirigeant.

Pourquoi la SAS est soumise à l’IS par défaut ?

Lors de sa création, la SAS relève de l’impôt sur les sociétés (entreprendre.service-public.gouv.fr). Dans ce régime, la société paie l’impôt sur son bénéfice. Les associés paient l’impôt sur les revenus qu’ils perçoivent. Les bénéfices conservés dans l’entreprise restent disponibles pour financer son activité.

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés atteint 25 % en 2026 (Article 219, I du CGI). Après paiement de cet impôt, une partie du résultat reste dans la société. Cette somme peut servir à financer un investissement, un recrutement ou un projet de croissance.

Comment fonctionne une SAS à l’IR ?

Avec l’impôt sur le revenu, la fiscalité s’applique au niveau des associés. Le bénéfice est réparti entre eux selon leur participation au capital. Chaque associé déclare ensuite sa quote-part dans sa déclaration fiscale. (article 239 bis AB , CGI)

Ce régime peut convenir lorsque :

  • l’activité démarre ;
  • les bénéfices restent limités ;
  • des déficits apparaissent pendant les premiers exercices.

Les conséquences sur la fiscalité des bénéfices

Sous le régime de l’IS :

  • la société paie l’impôt sur son bénéfice ;
  • les associés sont imposés lorsqu’ils perçoivent un revenu.

Sous le régime de l’IR :

  • les associés supportent l’imposition liée au bénéfice ;
  • la fiscalité dépend de leur situation personnelle.

À bénéfice identique, le résultat après impôt peut varier selon le régime retenu.

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Dans quels cas une SAS peut-elle choisir l’impôt sur le revenu ?

L’impôt sur le revenu constitue une exception dans le régime fiscal de la SAS. Cette option reste accessible sous certaines conditions prévues par la loi. Avant de retenir ce régime, vous devez vérifier que votre société respecte les critères d’éligibilité.

Des conditions fixées par la loi

L’article 239 bis AB du Code général des impôts encadre l’accès à l’impôt sur le revenu. Votre société doit :

  • employer moins de 50 salariés ;
  • réaliser un chiffre d’affaires ou disposer d’un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros ;
  • exercer une activité éligible ;
  • détenir un capital majoritairement détenu par des personnes physiques ;
  • respecter les seuils de participation prévus pour les dirigeants.

Ces conditions concernent les entreprises en phase de création ou de développement.

Une option limitée dans le temps

L’accès à l’impôt sur le revenu reste limité à 5 exercices (article 239 bis AB, CGI). À l’issue de cette période, votre société relève de l’impôt sur les sociétés.

Cette règle vous invite à regarder au-delà des premières années d’activité. Votre niveau de bénéfice, votre rémunération ou vos projets d’investissement peuvent évoluer avec le temps.

Une analyse avant l’immatriculation

Le choix du régime fiscal intervient avant même le lancement de l’activité. Si votre activité génère peu de bénéfices lors des premiers exercices, l’IR peut présenter un intérêt dans certaines situations. À l’inverse, un projet qui prévoit de conserver une partie importante des bénéfices dans l’entreprise peut conduire à une autre conclusion.

Avant l’immatriculation, un expert comptable SAS peut vous aider à comparer plusieurs scénarios fiscaux et à mesurer leurs conséquences sur votre entreprise et votre situation personnelle.

💡 Bon à savoir

L’option pour l’impôt sur le revenu nécessite l’accord de tous les associés. Une société qui ne respecte plus les conditions prévues par la loi perd le bénéfice de ce régime.

Comment les bénéfices sont-ils imposés selon le régime choisi ?

Le choix entre l’IR et l’IS produit ses premiers effets au moment de l’imposition des bénéfices. Un même résultat comptable peut générer une fiscalité différente selon le régime retenu. Cette différence prend de l’importance lorsque l’activité commence à dégager des bénéfices réguliers.

L’impôt sur le revenu rattache le bénéfice à votre fiscalité personnelle

Avec l’IR, le bénéfice de la société est réparti entre les associés selon leur participation au capital. Votre quote-part de résultat s’ajoute alors à vos autres revenus. L’administration fiscale applique ensuite le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

La tranche marginale la plus élevée atteint 45 % en 2026 (Article 197 du CGI). Cette situation concerne les foyers dont les revenus figurent dans les tranches supérieures du barème. Plus vos revenus augmentent, plus la fiscalité peut progresser.

L’impôt sur les sociétés applique une fiscalité propre à l’entreprise

Avec l’IS, la société paie l’impôt sur son bénéfice avant toute distribution. Les bénéfices conservés dans l’entreprise restent disponibles pour financer son activité. Cette caractéristique attire souvent les sociétés qui prévoient des investissements ou une phase de croissance.

La fiscalité personnelle intervient lors du versement d’une rémunération ou de dividendes. Le bénéfice et le revenu du dirigeant suivent alors deux traitements distincts.

Le niveau de bénéfice ne suffit pas pour faire un choix

Deux entreprises qui réalisent le même résultat peuvent retenir des stratégies fiscales différentes. Une activité qui génère peu de revenus personnels peut trouver un intérêt dans l’IR pendant les premières années. À l’inverse, une société qui souhaite conserver une partie importante de ses bénéfices dispose souvent d’une plus grande souplesse avec l’IS.

Votre situation fiscale, vos besoins de trésorerie et vos objectifs de développement doivent être analysés ensemble.

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Quel impact sur votre rémunération et vos dividendes ?

Le régime fiscal de la SAS agit aussi sur la manière dont vous percevez les revenus issus de votre activité.

Lorsque l’entreprise commence à dégager des bénéfices, deux solutions principales se présentent :

  • percevoir une rémunération ;
  • percevoir des dividendes ;
  • combiner les deux.

Chaque option entraîne des conséquences fiscales et sociales différentes.

La rémunération du président

Le président de SAS relève du régime des assimilés salariés lorsqu’il perçoit une rémunération.

Dans une SAS soumise à l’IS, cette rémunération constitue une charge déductible. Elle réduit donc le bénéfice imposable de l’entreprise.

Cette solution permet aussi de bénéficier de la protection sociale du régime général.

Les dividendes

Les dividendes correspondent à une distribution des bénéfices aux associés.

Ils interviennent après l’affectation du résultat et nécessitent l’existence d’un bénéfice distribuable.

Avec l’IS, la société paie d’abord l’impôt sur ses bénéfices. Les associés supportent ensuite la fiscalité applicable aux dividendes.

Lorsque la société réalise des bénéfices distribuables, l’analyse des dividendes en SAS permet aussi d’anticiper l’impact fiscal d’une distribution sur les associés. 

Rémunération ou dividendes : les principales différences

Chaque solution répond à un objectif différent. La rémunération favorise la protection sociale et réduit le bénéfice imposable de la société. Les dividendes permettent de distribuer une partie des résultats aux associés lorsque l’entreprise dégage des bénéfices.

CritèreRémunérationDividendes
VersementPendant l’exerciceAprès approbation des comptes
Déduction du bénéfice imposable à l’ISOuiNon
Protection socialeOuiNon
Existence d’un bénéficeNonOui
Effet sur le résultat de la sociétéRéduit le bénéficeAucun effet

Les éléments à étudier avant un arbitrage

Le choix dépend notamment :

  • du niveau de bénéfice attendu ;
  • de vos besoins de revenus ;
  • de votre situation fiscale ;
  • des investissements prévus dans l’entreprise ;
  • de la trésorerie disponible.

Une simulation permet d’évaluer l’effet de chaque scénario avant de fixer votre stratégie de rémunération.

💡 Bon à savoir

Les dividendes versés par une SAS soumise à l’IS relèvent du prélèvement forfaitaire unique. Depuis 2026, ce prélèvement atteint 31,4 %, sous réserve des règles fiscales applicables à votre situation.

 

Dans quelles situations l’IR ou l’IS apporte-t-il le plus d’avantages ?

Le régime fiscal le plus adapté dépend de votre projet, du niveau de bénéfice attendu et de l’utilisation des résultats de l’entreprise.

Une activité en lancement ne poursuit pas les mêmes objectifs qu’une société qui prépare un recrutement ou un investissement important. Le choix doit donc s’appuyer sur votre situation réelle.

Avant de retenir définitivement une option, l’accompagnement d’un expert en fiscalité d’entreprise permet d’évaluer l’impact de chaque régime sur la rémunération du dirigeant, la fiscalité des associés et les perspectives de développement de la société

Vous lancez votre activité

Les premières années s’accompagnent parfois de bénéfices limités ou de pertes. Dans ce contexte, l’impôt sur le revenu peut présenter un intérêt. Les déficits peuvent, sous certaines conditions, être pris en compte dans la fiscalité des associés. 

Vous prévoyez de réinvestir les bénéfices

Certaines entreprises consacrent une part importante de leurs résultats à leur développement. Cette situation concerne souvent :

  • l’achat de matériel ;
  • le recrutement ;
  • le lancement d’une nouvelle offre ;
  • l’ouverture d’un nouvel établissement.

L’impôt sur les sociétés permet alors de conserver une partie des bénéfices dans l’entreprise après paiement de l’impôt. Cette approche facilite le financement de la croissance sans distribution systématique aux associés.

Vous souhaitez percevoir un revenu dès les premières années

Le choix du régime fiscal doit tenir compte du revenu que vous souhaitez tirer de votre activité.La rémunération envisagée, le montant des bénéfices attendus et votre situation fiscale personnelle doivent être étudiés ensemble.

Une solution adaptée à un associé faiblement imposé peut produire un résultat différent pour un foyer déjà soumis à une fiscalité élevée.

Vous préparez une phase de croissance

Une entreprise en développement doit souvent financer de nouveaux besoins. Il peut s’agir :

  • d’investissements ;
  • de recrutements ;
  • d’actions commerciales ;
  • d’un besoin de trésorerie plus important.

Dans cette configuration, l’impôt sur les sociétés apporte souvent davantage de souplesse pour conserver des ressources au sein de l’entreprise.

Ce qu’il faut retenir

L’impôt sur le revenu trouve souvent sa place lors du démarrage de l’activité ou lorsque les bénéfices restent limités.

L’impôt sur les sociétés répond davantage aux projets qui prévoient de conserver une partie des résultats dans l’entreprise pour soutenir son développement.

Votre situation fiscale, votre besoin de revenus et vos objectifs de croissance restent les éléments les plus importants dans l’analyse.

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Sur quels éléments Advyse s’appuie pour recommander l’IR ou l’IS

Le choix entre l’IR et l’IS dépend de votre projet, mais aussi de l’utilisation prévue des bénéfices. Une société qui conserve ses résultats pour financer son développement ne poursuit pas le même objectif qu’une activité qui cherche à dégager un revenu pour ses associés.

Des projections adaptées à votre situation

Les projections permettent d’estimer les conséquences de chaque régime sur :

  • le montant de l’impôt ;
  • le revenu disponible ;
  • la trésorerie conservée dans l’entreprise.

Cette comparaison aide à retenir la solution la plus cohérente avec vos objectifs.

Au-delà de la première année

Le régime fiscal produit des effets pendant plusieurs années. Le niveau de bénéfice peut évoluer. Votre rémunération aussi. Les besoins de financement de l’entreprise peuvent augmenter avec le développement de l’activité.

Ces éléments doivent être pris en compte avant la création de la société.

💡 Bon à savoir

Le régime fiscal le plus adapté n’est pas toujours celui qui génère le moins d’impôt la première année. L’utilisation des bénéfices et les projets de développement de l’entreprise entrent aussi dans la réflexion.

Comment choisir entre l’IR et l’IS pour votre SAS ?

Le bon régime fiscal dépend avant tout de l’utilisation prévue des bénéfices.

Si votre objectif consiste à développer l’entreprise, l’impôt sur les sociétés apporte souvent davantage de souplesse pour conserver une partie des résultats dans la société.

Si votre activité démarre avec peu de bénéfices ou des pertes, l’impôt sur le revenu peut présenter un intérêt dans certaines situations.

Avant de faire votre choix, prenez en compte les éléments suivants :

  • le bénéfice attendu ;
  • votre rémunération ;
  • votre situation fiscale ;
  • les besoins de trésorerie de l’entreprise ;
  • les investissements prévus.

Chaque élément peut modifier le résultat final.

Le régime le plus adapté correspond donc à celui qui reste cohérent avec votre projet, vos revenus et les besoins de votre entreprise.

✔ À retenir

    • L’option pour l’IR nécessite l’accord unanime des associés et reste limitée à cinq exercices maximum.
    • Sous le régime de l’IR, les associés peuvent être imposés sur leur quote-part de bénéfice même si aucune somme n’est effectivement distribuée.
    • La rémunération du président de SAS est déductible du bénéfice imposable à l’IS, contrairement aux dividendes.
    • Le régime fiscal le plus avantageux n’est pas forcément celui qui réduit l’impôt la première année : les besoins futurs de financement et de croissance doivent aussi être anticipés.

Conclusion

Le choix entre une SAS IR ou IS produit des effets sur l’imposition des bénéfices, la rémunération des associés et les ressources conservées dans l’entreprise.

L’impôt sur le revenu peut convenir à certaines sociétés en phase de lancement ou lorsque les bénéfices restent limités. L’impôt sur les sociétés répond souvent aux projets qui prévoient de conserver une partie des résultats pour financer leur développement.

Le montant de l’impôt ne constitue qu’un élément parmi d’autres. Le bénéfice attendu, votre situation fiscale, votre rémunération et les besoins de l’entreprise doivent être examinés ensemble.

Une projection réalisée avant l’immatriculation permet de comparer plusieurs scénarios et d’identifier le régime le plus cohérent avec votre projet.

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FAQ

Faut-il choisir l’IR ou l’IS pour une SAS ?

L’IR peut convenir au démarrage de l’activité. L’IS est souvent retenu lorsque l’entreprise conserve une partie de ses bénéfices pour financer son développement.

Une SAS peut-elle opter pour l’impôt sur le revenu ?

Oui. Cette option est ouverte sous certaines conditions prévues par l’article 239 bis AB du Code général des impôts.

Combien de temps une SAS peut-elle rester à l’IR ?

L’option pour l’impôt sur le revenu s’applique pendant cinq exercices maximum.

Une SAS à l’IR est-elle imposée même sans distribution de bénéfices ?

Oui. Les associés sont imposés sur leur quote-part de résultat, même lorsque les bénéfices restent dans l’entreprise.

Image de Cet article a été rédigé par Miloud Bettayeb
Cet article a été rédigé par Miloud Bettayeb

Miloud BETTAYEBexpert-comptable et commissaire aux comptes, est le co-fondateur du réseau de cabinet de conseil et d’expertise comptable Advyse.

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